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La société lupine


Le loup est l'animal social par excellence. Son identité se fonde sur l'appartenance à sa meute. Il s'agit le plus souvent d'une "famille" : un couple, les petits de plusieurs générations mais aussi : oncles, tantes, demi-frère ou demi-sœur, et quelquefois même des individus étrangers. Elle compte le plus souvent entre sept et douze loups. Cet effectif varie cependant en fonction de la région, il peut atteindre une trentaine d'individus dans les régions boréales (Alaska, Canada, Sibérie), alors qu'autour du bassin Méditerranéen, il n'y a en générale que quatre à cinq.

La vie en communauté implique des contraintes. Pour permettre une bonne entente entre tous, chacun possède une place bien définie dans la hiérarchie. Le couple qui se trouve au sommet de la pyramide s'appelle couple alpha. Chaque partenaire du couple règne sur les individus de son sexe. Le mâle alpha prend les décisions pour la meute. C'est lui qui décide ainsi des déplacements et de la chasse. C'est lui également qui sera le premier à manger, mais pour autant, il est loin d'être un dictateur et affiche une patience certaine envers ses subalternes, sauf à la saison des amours.

L'envie pour un jeune loup d'accéder à un statut plus élevé, en général à l'approche de la période d'accouplement, provoque des combats entre individus dont l'issue n'est que très exceptionnellement la mort. Ces coups d'Etat ont comme conséquence un changement de la hiérarchie de temps en temps, en sélectionnant les meilleurs individus pour la reproduction. Pendant les périodes de famines hivernales, tous les membres de la meute se concentrent sur la recherche de nourriture.


Symbole d'une nature préservée


La meute vit sur un territoire dont la superficie varie généralement de 200 à 1000 km² selon le nombre d'individus de la meute bien sûr, mais aussi de la topographie, de la richesse et de la taille des proies.Le loup peut ainsi se déplacer au trot pendant près d'une dizaine d'heure par jour, parcourant jusqu'à 60 kilomètres à la recherche de nourriture ou pour fuir l'homme. Dans les régions très enneigées, les membres du groupe se relaient en tête de la file indienne afin de faciliter le passage des autres (d'où l'expression, aller à la queue leu leu, leu signifiant loup en ancien français).

C'est uniquement lors de la chasse que le loup atteint sa vitesse de pointe qui est estimée à 70 km/h. Le plus souvent, les loups qui attaquent un troupeau d'ongulés (caribous, bœufs musqués,...) isolent l'individu le plus faible, vieux ou malade, avant que l'un d'entre eux ne le prenne à la gorge pendant que les autres membres le mordent aux pattes pour l'immobiliser. Une autre technique de chasse sera l'épuisement de la proie, après une poursuite qui peut durer plusieurs jours, ou encore l'utilisation de rabatteurs qui vont contraindre la future victime à se "jeter dans la gueule du loup". La meute fait souvent beaucoup d'efforts pour peu de résultats puisque que neuf tentatives sur dix se solderont par un échec.

Le loup possède des moyens de communication très variés. Au sein d'une même meute, les individus communiquent par toutes une variété d'expressions et de gestuelles mettant en œuvre principalement les mimiques faciales, la position des oreilles et de la queue. Ainsi un subalterne pourra exprimer sa soumission au mâle Alpha par une position fléchie, les oreilles couchées et la queue basse. Les membres de la meute se reniflent, se touchent et jouent ensemble fréquemment, ce qui maintient la cohésion du groupe.

Pendant leur déplacement, les loups urinent fréquemment. Cela ne sert pas seulement à marquer leur territoire mais aussi à permettre à un membre égaré de retrouver la meute.

De même, nous avons longtemps cru que le hurlement avait ces mêmes rôles. Un individu commence son chant, bientôt rejoint par toutes les voix de la meute qui s'accordent en un chœur plaintif et envoûtant (loup.wav - 118ko). Nous savons maintenant qu'il sert avant tout à renforcer la cohésion du groupe, les loups hurlant aussi pour le plus simple plaisir de hurler.

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